Notion

Réserves de retraite

La France finance ses retraites par répartition : les pensions d'une année sont payées par les cotisations de la même année. Les régimes ne vivent pas pour autant à flux parfaitement tendu : ils gardent des réserves, un coussin pour encaisser les mauvaises années sans couper les pensions ni emprunter dans l'urgence.

La plus grosse réserve est celle de l'Agirc-Arrco, la retraite complémentaire des salariés du privé. C'est une caisse parmi d'autres : fonctionnaires, indépendants et régimes spéciaux relèvent de régimes distincts. Fin 2025, elle détenait 92,1 milliards d'euros de réserves de financement (113,6 milliards en comptant son fonds de roulement), soit près de onze mois de ses propres pensions. Sa « règle d'or », fixée par les partenaires sociaux qui la gèrent : pouvoir verser à tout moment, sur les quinze années à venir, au moins six mois d'allocations. Les six mois sont le plancher, pas le niveau courant.

À l'échelle du système entier, les réserves de l'ensemble des régimes atteignaient 224 milliards d'euros fin 2025, pour 422 milliards de pensions versées la même année (COR, juin 2026) : environ six mois. Elles sont très inégalement réparties. 91 % sont dans les complémentaires, tandis que le régime général (CNAV), la CNRACL et l'État n'en détiennent aucune. Leurs déficits sont portés par la trésorerie de la Sécurité sociale, puis repris par la dette sociale.

Le Fonds de réserve pour les retraites (FRR), créé en 1999 pour mettre de l'argent de côté en prévision de l'arrivée à la retraite des générations du baby-boom, ne joue plus ce rôle : ses avoirs (20,7 milliards fin 2025) servent désormais à rembourser la dette sociale.